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Les types de collagène (I, II, III, V, X) : lequel choisir selon votre objectif ?

Les types de collagène (I, II, III, V, X) : lequel choisir selon votre objectif ?

Deux pots côte à côte sur l'étagère. Le premier annonce « types I et III, origine marine ». Le second affiche « type II natif, 40 mg ». Le prix va du simple au triple, et rien sur les étiquettes ne vous indique lequel correspond à ce que vous cherchez. Cet article remet chaque chiffre romain à sa place dans le corps, avec les doses que la recherche a mesurées.

Le type de collagène ne dit pas tout. Mais il dit beaucoup.

Pourquoi on parle de « types » et pas simplement de collagène

Le mot « collagène » au singulier prête à confusion. Sous ce nom se range une famille de 28 protéines, toutes bâties autour d'une même architecture en triple hélice [1]. Prenez un fil de coton : selon la manière dont on le tresse, vous obtenez un jean, un drap ou un filet de pêche. La matière reste la même, l'usage change du tout au tout.

Ce recensement vient de l'Institut de Biologie et Chimie des Protéines (unité mixte de recherche 5086 du CNRS, Université Lyon 1) [1]. On y découvre que certains collagènes se logent dans un seul tissu quand d'autres se retrouvent presque partout.

Le saviez-vous ?

Jusqu'à la fin des années 1960, la science ne connaissait qu'un seul collagène. Les vingt-sept autres ont été décrits en une cinquantaine d'années.

Une même trame, des rôles différents selon le tissu

Voici où résident les cinq types que vous croiserez sur les emballages :

  • Type I : derme, os, tendons, ligaments, cornée
  • Type II : cartilage articulaire
  • Type III : peau, vaisseaux, organes creux, aux côtés du type I
  • Type V : cornée, placenta, surface des cellules, en très petite quantité
  • Type X : cartilage de croissance et zones de remodelage osseux

Ce que le corps fabrique moins vite avec les années

Vous remarquez les signes bien avant de comprendre le mécanisme. La marque de l'oreiller qui met plus longtemps à s'effacer le matin. Le genou qui se rappelle à vous dans l'escalier, au retour d'une longue marche.

Derrière ces sensations, les fibroblastes, ces cellules ouvrières du derme, ralentissent leur cadence, et la matrice qu'ils entretiennent se renouvelle moins vite [1].

Il ne s'agit pas d'un manque. Il s'agit d'un rythme qui change.

Collagène de type I : la charpente de la peau, des os et des tendons

C'est le type le plus représenté dans l'organisme, et celui que vous achetez neuf fois sur dix sans le savoir. Voyez-le comme le câble porteur d'un pont suspendu : il encaisse la traction, il donne la tenue [1].

Ce que les essais cliniques ont mesuré sur la peau

Ici, pas d'impressions. Des cutomètres et des biopsies.

Une équipe de l'Université de Kiel a suivi 69 femmes de 35 à 55 ans pendant huit semaines, en double aveugle contre placebo, avec 2,5 g ou 5 g de peptides de collagène par jour. L'élasticité cutanée mesurée par cutométrie progresse dans les groupes supplémentés, avec une hausse atteignant 30 % chez certaines participantes [2].

Un second essai de la même équipe s'est intéressé aux rides du contour de l'œil. Après huit semaines à 2,5 g par jour, leur volume recule de 20 % face au placebo, et les biopsies retrouvent un contenu cutané supérieur de 65 % en procollagène de type I et de 18 % en élastine [3].

Le saviez-vous ?

Dans ce second travail, l'effet observé se maintenait encore quatre semaines après la dernière prise [3].

Pour qui ce type a du sens

Le type I s'adresse à vous si votre objectif touche à la fermeté de la peau, au confort des tendons lors d'une pratique sportive régulière, ou à l'accompagnement d'une période de forte sollicitation mécanique. Les protocoles publiés se situent entre 2,5 g et 15 g par jour selon les tissus visés [2] [3] [6].

Le type I soutient ce qui doit tenir.

Collagène de type II : le collagène du cartilage

Changement complet de logique. Sur ce type, la quantité compte moins que la forme moléculaire, et la dose utile se compte en milligrammes. De quoi surprendre quand on vient des poudres de protéines.

Le saviez-vous ?

40 mg par jour, soit à peu près le poids d'une lentille, contre 5 à 10 g pour un hydrolysat de type I.

Hydrolysé ou non dénaturé : deux approches à ne pas confondre

C'est la distinction la plus utile de cet article, et celle que les étiquettes expliquent rarement.

Collagène hydrolyséCollagène de type II non dénaturé
Dose étudiée2,5 à 15 g par jour40 mg par jour
Principefragments courts apportés comme matériaustructure d'origine préservée, dialogue avec les cellules immunitaires de l'intestin
Forme courantepoudre à diluergélule

L'hydrolysat joue le rôle du livreur de briques. Le non dénaturé ressemble davantage à un message envoyé au chantier.

Ce que la recherche a mesuré, et sur qui

Beaucoup d'essais portent sur des personnes suivies en milieu médical, ce qui ne se transpose pas à un lecteur en bonne santé. Nous citons donc les travaux menés sur des volontaires sans antécédent articulaire.

Une étude multicentrique randomisée en double aveugle, conduite par BioTeSys et l'Université de Stuttgart, a suivi 96 sujets de 20 à 55 ans en bonne santé qui ressentaient une gêne au genou à l'effort. Après 24 semaines à 40 mg de collagène de type II non dénaturé par jour, l'amplitude de flexion mesurée au goniomètre numérique gagne 3,23 degrés, contre 0,21 degré dans le groupe placebo [4]. Un travail antérieur sur volontaires sains, à la même dose, avait retenu l'extension du genou et la durée d'effort avant gêne comme paramètres [5].

Trois degrés. Peu de chose sur le papier, sensible dans un escalier.

Collagène de type III : la souplesse qui accompagne le type I

Le type III voyage presque toujours avec le type I, comme la trame fine qui double un tissu épais. Le premier apporte la déformabilité, le second la résistance [1]. Vous le retrouvez dans la peau, dans la paroi des vaisseaux et dans les organes creux.

Cette association explique une réalité commerciale simple :

  • Le collagène bovin apporte le duo I et III, issu de la peau et des os
  • Le collagène marin apporte surtout du type I, issu des peaux et des écailles de poisson
  • Le collagène de volaille apporte du type II, issu du sternum

Pourquoi on ne l'achète jamais seul

Aucun complément ne propose du type III isolé. La raison tient à la matière première : on extrait ce que le tissu contient, on ne le compose pas à la carte.

Le saviez-vous ?

C'est la matière première qui détermine le type, pas un procédé de fabrication.

Collagène de type V : le régisseur de l'ombre

Présent en quantité minime, ce type joue un rôle d'organisateur. Il participe à l'assemblage des fibrilles avec les collagènes de types I et XI, et se retrouve dans la cornée, le placenta et à la surface des cellules [1]. Voyez le contremaître qui fixe le calibre des câbles sans jamais en porter un seul.

Sans lui, les fibres de type I pousseraient de travers.

Où le trouve-t-on dans les compléments

Le type V arrive presque toujours par une seule voie : la membrane de coquille d'œuf, qui contient aussi du type I et du type X. Cette composition a été établie par immunochimie dès 1984 [9].

Une réserve mérite d'être posée : les données cliniques propres au type V isolé chez l'humain restent limitées. Nous préférons vous le dire plutôt que de vendre une certitude.

Collagène de type X : celui dont personne ne se supplémente

Le plus mal compris des cinq. Il ne s'agit pas d'un collagène de structure au sens habituel, mais d'un collagène associé à la minéralisation du cartilage pendant la croissance osseuse [1]. On le retrouve dans la membrane de coquille d'œuf, aux côtés des types I et V [9].

Le saviez-vous ?

Chez l'adulte, le type X se concentre dans les zones de remodelage osseux, pas dans la peau.

Ce que vaut l'argument « 5 types de collagène »

Additionner les types ne fabrique pas une formule supérieure. Encore faut-il des doses cohérentes avec ce que la recherche a testé : de 2,5 à 15 g pour les hydrolysats [2] [3] [6], 40 mg pour le type II non dénaturé [4] [5]. Une formule qui annonce cinq types en 500 mg de poudre totale ne peut pas atteindre ces seuils.

Lisez la dose avant de compter les types.

Le tableau de correspondance : quel type pour quel objectif

Votre objectifType concernéOrigine couranteDose étudiée
Fermeté et hydratation de la peauI et IIImarine, bovine2,5 à 5 g par jour [2] [3]
Confort articulaire à l'effortII non dénaturévolaille40 mg par jour [4] [5]
Accompagnement de la pratique sportiveImarine, bovine15 g par jour [6]
Souplesse des tissus de soutienI et IIIbovine5 à 10 g par jour [2] [3]
Apport combiné I, V et Xmembrane de coquille d'œufœufdonnées humaines limitées [9]

Ce que le type ne vous dit pas : origine, procédé, bio-disponibilité

Deux compléments affichant « type I marin » peuvent différer du tout au tout. Voici les critères qui séparent une matière première sérieuse d'un simple remplissage.

Pourquoi la forme hydrolysée change la donne

Une protéine entière, c'est une palette de briques livrée devant le portail. Un hydrolysat, ce sont les briques déjà descendues et rangées près du chantier.

Cette image tient sur des mesures : après ingestion orale d'hydrolysats, des peptides courts comme la prolyl-hydroxyproline se retrouvent dans le sang humain [10]. Le poids moléculaire moyen, exprimé en daltons sur les fiches techniques, vous renseigne sur le degré de découpe.

Un poids moléculaire annoncé, c'est déjà un signe de transparence.

Labels et procédés : les repères de qualité

  • ISO 22000 : norme internationale de management de la sécurité des denrées alimentaires, elle encadre la maîtrise des dangers sur toute la chaîne de production.
  • GMP (Good Manufacturing Practices, bonnes pratiques de fabrication) : référentiel qui impose la traçabilité des lots et le contrôle des matières premières à l'entrée d'usine.
  • Nutrivigilance de l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) : dispositif français de recueil des effets indésirables liés aux compléments alimentaires, en place depuis 2009 [11].
  • Procédés doux : hydrolyse enzymatique contrôlée et séchage à basse température préservent l'intégrité des peptides, là où les procédés thermiques agressifs les dégradent.

Le cofacteur que l'étiquette oublie souvent

En Europe, la seule mention réglementaire autorisée sur ce sujet ne concerne pas le collagène lui-même.

Le saviez-vous ?

Le règlement (UE) n° 432/2012 autorise cette formulation : « la vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer le fonctionnement normal de la peau, des os, des cartilages, des gencives, des dents et des vaisseaux sanguins » [12]. Une formule qui associe les deux respecte donc le cadre européen.

Ce que la science ne dit pas encore

Nous préférons poser nos limites plutôt que les laisser à votre charge.

En juillet 2011, l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) a examiné une demande d'allégation portant sur l'hydrolysat de collagène et la santé articulaire des personnes physiquement actives. Son avis conclut que les données fournies n'établissaient pas de lien de cause à effet, et l'allégation n'a pas été autorisée [7]. Une revue systématique de l'Université de Liège a ensuite cartographié les essais disponibles et souligné leur hétérogénéité [8].

Trois limites méritent votre attention :

  • Des durées d'étude souvent courtes, de 8 à 24 semaines
  • Des formulations très différentes d'un essai à l'autre, ce qui complique les comparaisons
  • Un financement fréquent par les fabricants d'ingrédients

Ce que rapportent les personnes qui en prennent

Une de nos utilisatrices nous racontait avoir remarqué, après une dizaine de semaines, que ses genoux se faisaient moins présents en fin de randonnée. Sans parler de transformation, plutôt comme un détail qui cesse d'occuper l'esprit.

Les ressentis varient d'une personne à l'autre, et la régularité de la prise quotidienne reste le facteur déterminant.

Références et preuves de qualité (12)
  1. [1] Institut de Biologie et Chimie des Protéines (UMR 5086 CNRS, Université Lyon 1), Sylvie Ricard-Blum, 2011. The Collagen Family, Cold Spring Harbor Perspectives in Biology, 3(1):a004978. Paramètre décrit : recensement de la famille du collagène, 28 types identifiés, distribution tissulaire et assemblages supramoléculaires.
  2. [2] Université de Kiel (Allemagne), Proksch E. et coll., 2014. Skin Pharmacology and Physiology, 27(1):47-55. Paramètre mesuré : élasticité cutanée par cutométrie chez 69 femmes de 35 à 55 ans après 4 et 8 semaines de prise de 2,5 g ou 5 g de peptides de collagène par jour, contre placebo.
  3. [3] Université de Kiel (Allemagne), Proksch E. et coll., 2014. Skin Pharmacology and Physiology, 27(3):113-119. Paramètres mesurés : volume des rides péri-oculaires (-20 % à 8 semaines), contenu cutané en procollagène de type I (+65 %) et en élastine (+18 %) sur biopsies, après 2,5 g par jour.
  4. [4] BioTeSys GmbH et Université de Stuttgart (Allemagne), Schön C. et coll., 2022. Journal of Integrative and Complementary Medicine, 28(6):540-548. Paramètre mesuré : amplitude de flexion et d'extension du genou au goniomètre numérique chez 96 sujets en bonne santé de 20 à 55 ans, après 24 semaines à 40 mg de collagène de type II non dénaturé par jour.
  5. [5] Lugo J.P. et coll., 2013. Journal of the International Society of Sports Nutrition, 10:48. Paramètre mesuré : amplitude d'extension du genou et durée d'effort avant gêne chez des volontaires en bonne santé, 40 mg de collagène de type II non dénaturé par jour pendant 120 jours.
  6. [6] Université de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), Zdzieblik D. et coll., 2017. Proceedings of the Nutrition Society, communication scientifique. Paramètre mesuré : composition corporelle de 105 hommes de 30 à 60 ans non entraînés après 12 semaines d'entraînement en résistance associé à 10, 15 ou 20 g de peptides de collagène par jour.
  7. [7] EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), 2011. EFSA Journal, 9(6):2167, question EFSA-Q-2011-00201, avis du 20 juillet 2011. Paramètre évalué : lien de cause à effet entre consommation d'hydrolysat de collagène et santé articulaire des personnes physiquement actives. Conclusion : lien non établi, allégation non autorisée.
  8. [8] Université de Liège (Belgique), Honvo G., Lengelé L., Charles A., Reginster J.Y., Bruyère O., 2020. Rheumatology and Therapy, 7(4):703-740. Paramètre évalué : revue systématique et cartographie des données cliniques disponibles sur les dérivés du collagène et la santé du cartilage.
  9. [9] Wong M., Hendrix M.J.C., von der Mark K., Little C., Stern R., 1984. Developmental Biology, 104(1):28-36. Paramètre mesuré : identification immunochimique des collagènes de types I, V et X dans la membrane de coquille d'œuf de poule.
  10. [10] Iwai K. et coll., 2005. Journal of Agricultural and Food Chemistry. Paramètre mesuré : concentration plasmatique de peptides d'origine alimentaire, dont la prolyl-hydroxyproline, chez l'humain après ingestion orale d'hydrolysats de collagène.
  11. [11] ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), dispositif de nutrivigilance, depuis 2009. Paramètre suivi : recueil et analyse des signalements d'effets indésirables liés à la consommation de compléments alimentaires en France.
  12. [12] Commission européenne, règlement (UE) n° 432/2012. Paramètre encadré : liste des allégations de santé autorisées, dont la contribution de la vitamine C à la formation normale de collagène pour le fonctionnement normal de la peau, des os, des cartilages, des gencives, des dents et des vaisseaux sanguins.

Ce contenu est partagé à des fins éducatives et de bien-être uniquement. Il ne remplace en aucun cas un diagnostic ou un traitement médical. Prenez toujours l'avis de votre professionnel de santé avant de modifier vos habitudes.

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